BROKATOF
le blog collectif des membres du collectif
Daft Punk : Opportunistes ou génies ?
Categories : Coups de Coeur, Reflexion | Auteur : Jerome

Daft Punk Faces

Alors qu’actuellement une promotion phénoménale sur le nouvel album de Daft Punk bat son plein, une question agite de nouveau la toile :
Les Daft Punks sont-ils des opportunistes et pilleurs musicaux ou des génies et créateurs de talents ?

Si l’on ne compte pas l’album live Alive et la bande Originale du film Tron, l’héritage, cela fait 8 ans que le groupe n’a pas publié d’album.
Et en 8 ans, le paysage musical et la façon de promouvoir la musique ont bien changés.
Jusqu’à présent, sur ce dernier point, Daft Punk fait un sans faute, un véritable cas d’école de commerce !

La simple mise en ligne d’une photo de deux moitiés de casques sur leur site officiel à créer un émoi et une agitation phénoménale sur le web. En quelques heures, l’image était déjà devenue incontournable.

Mais très vite, après cette excitation, une question plus intéressante que « A quoi ressemblent le visage de ces deux loustics » vient agiter la toile :

Daft Punk est-il un groupe de Créateurs de génie ou de Pompeurs sans scrupule ?

Il faut reconnaitre que même si on aime bouger sur la musique du groupe, ils se sont très (trop ?) souvent inspirés de recettes qui ont existées bien avant eux. Pire, ils utilisent beaucoup les samples voir reprennent parfois 80 % d’un vieux morceau oublié pour en faire un nouveau.

Le titre Robot Rock (de l’album Human After all) en est surement un des exemples les plus frappants :

Daft Punk – Robot Rock (2005)
Image de prévisualisation YouTube

 

Breakwater – Release the Beast (1980)
Image de prévisualisation YouTube

Ou encore, l’un des titres les plus mythique du groupe, Harder Better Faster Stronger (extrait de l’album Discovery) qui utilise une instrumentale génialissime d’Edwin Birdsong

Daft Punk – Harder, better, Faster, Stronger (2001)
Image de prévisualisation YouTube

 

Edwin Birdsong – Cola Bottle Baby (1979)
Image de prévisualisation YouTube

 

Alors Daft Punk sont-ils des pilleurs d’épaves pour autant ?

A cette question, je répondrais que non.
Le groupe à toujours parlé très ouvertement de leurs références musicales en n’hésitant pas à leur rendre régulièrement hommage et à les remettre sous les feux des projecteurs médiatiques.

Ainsi, hormis le fait que les sources des samples utilisés sont toujours créditées, le groupe n’hésite pas, dès leur premier album à composer le titre Teachers qui cite les noms de différentes sources d’inspiration (poussant le concept sur scène jusqu’à diffuser la photo de chaque artiste)
En 2007, ils vont même jusqu’à afficher clairement leurs sources en éditant le CD Discovered regroupant une sélection de 12 titres originaux qu’ils ont utilisés dans plusieurs de leurs productions.

Aujourd’hui, pour leur nouvel album, Random Access Memories, ils annoncent dès le début les noms de tous les collaborateurs et leur donne la parole via une série d’interviews vidéo. Les membres du groupe eux restant, comme à leur habitude, totalement muets et anonymes.
Ainsi le nouvel album y gagne une dimension humaine ainsi que l’apparence d’une création collective plutôt que celle d’un vulgaire collage mécanique de samples.

A partir du moment ou Daft Punk cite ses sources, leur rend hommage, leur permet une ré-édition en CD et fait travailler les artistes originaux pouvons-nous encore parler de pillage ?
Sûrement pas.

A qui profite le crime ?

Comme dirait l’inspecteur Columbo, si pillage il y a, a qui profite le crime ?

Daft Punk forcément !
Chacun de leurs albums se vendent comme des petits pains. En utilisant le travail d’un tiers et en y apposant leur signature, ils passent auprès d’une partie de leur public pour des génies.
Mais certains DJ tirent également bénéfices du travail des autres, faire une belle sélection musicale n’est certes pas donné à tout le monde, mais, à mes yeux, cela aura toujours moins d’intérêt qu’un travail de création.

Les artistes samplés ?
Il faut reconnaitre que l’utilisation du sample d’Edwin Birdsong par le duo français lui aura surement permis de toucher une coquette somme en royalties pour son utilisation dans l’album Discovery, le clip, le long métrage Interstella 5555,  les concerts, le CD Discovered, les passages radio, les spots de pub TV etc…
Mais, plus que l’argent, c’est surtout un grand coup de projecteur sur le créateur original qui est surtout profitable.

Le public ?
Il n’est pas trompé sur la « marchandise ».
Les sources sont clairement annoncées et le résultat, mélangeant de bonnes vieilles recettes musicales aux nouveaux sons d’aujourd’hui sont, ils faut le reconnaitre, souvent d’une très grande efficacité.

Finalement, tout le monde y trouve son compte non ?

A ce jour, je ne me prononcerais pas sur la qualité artistique de Random Access Mémories sans l’avoir écouté, mais comme toujours après la sortie d’un de leur album, il fera surement couler de l’encre, divisera dans des discussions passionnées et passionnantes les pros et les antis Daft Punk et changera certainement une partie de la production musicale en inspirant à son tour d’autres compositeurs et producteurs.

Finalement, plus que des compositeurs de génies, l’histoire musicale retiendra peut être cette image des Daft Punk :
Chaînons manquants entre DJ et compositeurs, producteurs géniaux ouvrant les oreilles d’autres producteurs en mal d’inspiration.

 

www.daftpunk.com

Edit du 14/05/13 : Critique de l’album par l’auteur de l’article :

Qu’on se le dise, Daft Punk n’est plus un groupe de Techno !
Leur nouvel album Random Access Memories risque d’en surprendre plus d’un.

Fini la course au BOUM BOUM que le groupe avait pourtant initiée a la fin du siècle dernier avec Homework (1997).
En la matière, Daft Punk avait maintes fois fait ses preuves mais laisse aujourd’hui la place aux plus jeunes.
Fini également les musique en briques Légo avec les samples qu’ils ont utilisé et parfois même abusé sur Discovery (2001).
Fini également la noirceur et le trash homniprésents dans l’album Human After All (2005)

Aujourd’hui Daft Punk mets au placard les boites à rythmes, les samplers et les filtres et dépoussière la batterie acoustique, le fender Rhodes, les guitares funky et le piano et n’hésite pas à faire appel aux cordes, aux cuivres et même à une chorale !
Et le résultat est d’une efficacité incroyable.
Les compositions de l’album ne s’appuient pas cette fois sur un son, un effet ou une idée, mais sur des chansons, des grooves et des arrangements optimistes, entêtants, terriblement dansants et parfois hypnotiques.

L’humanisation de leur musique est tellement flagrante qu’on se dit que finalement, c’est plutôt cet album qui aurait dû porter le titre Human After All et non celui de 2005 !

Alors certes, il y a aura toujours les détracteurs qui diront qu’ils n’ont cette fois encore rien inventés. Qu’ils utilisent des recettes maintes fois utilisées. Sauf que pour cet album, c’est directement avec quelques uns des créateurs des dites recettes qu’ils travaillent.
Et pour rester dans la comparaison culinaire, ce que les gourmets exigent pourtant d’un chef cuisinier, c’est le plus souvent d’apporter sa touche d’originalité à une recette plutôt que d’en créer une nouvelle.

En tout cas, le groupe, qui sert depuis 15 ans de baromètre des tendances pour divers courant musicaux, pourrait, si leur influence reste inchangée, permettre une baisse du niveau sonore en discothèque et le retour en force des Bacs « Disco » et « Funk » chez les disquaires !

Daft Punk et Paul Williams un des collaborateurs de l'album Random Access Memories

Daft Punk et Paul Williams, collaborateur de l’album Random Access Memories

 

 

4 Comments to “Daft Punk : Opportunistes ou génies ?”

  1. Maxime dit :

    Bon article ! Je suis fan de Daft Punk depuis 2001, j’ai repéré 2 erreurs :

    -Les Daft ne sont pas à l’origine de Discovered, sorti sur le label Rapster en 2007. D’ailleurs plusieurs morceaux de cette compilation n’ont jamais été utilisés par les robots.

    -Dans leur première interview à propos de Random Access Memories, pour le magazine Rolling Stone, les Daft ont déclaré qu’il ne contenait qu’un seul sample, en intro du dernier morceau. Interview complète :
    http://www.rollingstone.com/music/news/exclusive-daft-punk-reveal-secrets-of-new-album-20130413

    Bonne journée !

  2. Jerome dit :

    Merci Maxime pour ce commentaire.
    Il est vrai que dans le CD Discovered certaines versions ne sont pas celles utilisées par Daft Punk.
    Ainsi les versions de « Get Down Saturday Night » et « Fate » ne sont pas les versions originelles que le groupe à samplé.
    Et j’avoue ne jamais avoir compris où l’on entend le sample de « Rec Room » dans « Around the world »

  3. faubert dit :

    Est ce que la branchitude ira jusque là… a savoir encenser le dernier Daft Punk..who knows?… le point de non retour est atteint avec « TOUCH » précéder dans le mauvais goût par une intervention de Giorgio Moroder qui nous donne quelques explications techniques dans le bien nommé Giorgio by Moroder…Quand Daft Punk nous disent qu’ils on travaillé avec de vrais musiciens whaou… on est bluffé, mais on dit… dommage! ils étaient si bons avec leur machines…Reste « Get lucky » et l’instru final « Contact » …maigre constat. Allez les jeunes arrétez de faire de la musique de vieux vous n’avez pas le niveau…

  4. John dit :

    Daft punk don’t talk,they have nothin interesting to say,i remember thay were communicating for the first albums backthen.’no samples’,it made me laugh,taking people for idiots,like goarge lucas saying ‘r2D2 and z6po are real robots’ denying an oscar nomination to anthony Daniels. This time it’s not even about stealing samples or whole tracks like Justice and air,it’s about ‘paying the real guy to play for us’ or pose,and mix it all. This album is a shame,like a supposed 3 star restaurant serving microwaved vintage meals bought discount price at goodwill.Stay hidden in the dark,there’s nothing to say.Daft punk are not even robots,robots don’t FAIL.

Laisser un commentaire

Llorca photo de mariage 1 pano

On attache une importance capitale à la photo de mariage, au point de solliciter souvent des professionnels de l’image pour couvrir l’évènement. Mais il faut l’avouer, bien souvent, le résultat est médiocre ou pire, bien trop kitsch. Il existe pourtant, parmi la quantité de professionnels du secteur, quelques petites perles bien trop rares. Des photographes […]

les Indics - le RAP

Une nouvelle production du collectif Brokatof est en ligne, le nouveau clip du groupe les Indics : le RAP. Un clip improvisé et déjanté, réalisé par Katréma et tourné dans le cadre d’un projet collectif, avec la participation de l’1consolable et Duval Mc. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et à le partager sur vos […]

Espigoule se tire ailleurs Ban

Espigoule, bien plus que du cinéma ! En 1995 apparaissait pour la première fois sur les écrans de cinéma, avec le court-métrage la revanche de Monsieur Seguin, le nom d’Espigoule. Dès ce premier film, le réalisateur Christian Philibert s’amuse à mélanger les genres du documentaire et de la fiction pour atteindre un point d’équilibre quasi […]