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Carnav’Al-Quaïda
Categories : Mondokatof | Auteur : boutroskatof

On connaissait déjà les problèmes d’inculture au sein de la police nationale mais la situation atteint des proportions édifiantes à Marseille puisque ce week-end, les forces de l’ordre on chargé, devinez sur quoi, sur…le carnaval!.

Je ferais bien un petit rappel de ce qu’est un carnaval aux plus jeunes d’entre nous mais je pense qu’ils en savent autant, si ce n’est plus que moi (en tout cas plus que la police apparemment) sur les principes de cette fête. Quelle que soient les villes où j’ai pu habiter dans ma vie, quelle que soit l’année, le contexte économique ou politique, j’ai toujours vu des carnavals. Les écoles ont souvent le leur, les quartiers se mettent parfois à plusieurs pour en faire un plus grand et quelle au milieu de déguisements farfelus on retrouve toujours plus ou moins l’idée de se balancer de la farine ou des confettis sur la tronche et de faire un grand feu de joie pour danser autour à la fin.

Sauf que maintenant, en 2014, un corps de métier (la police française), semble ignorer complétement ce temps fort de la culture populaire, pratiqué depuis des siècles, dans tous les pays du monde. Problème de génération? sûrement pas car de nombreux enfants connaissent déjà et ont participé à plusieurs carnavals. Les facteurs sont multiples :
On pourrait dire que la télé-réalité à bientôt treize ans d’influence sur les esprits faibles, internet n’a pas encore remplacé les 3h de télévision par jours… Y aurait-il de nouveau jeux vidéo ou les ennemis à éteindre ne seraient plus de dangereux terroristes mais des pirates avec des faux crochets au bout de la main, des caramentrans en carton-pâte et des petites-filles déguisées en princesses?
Notons aussi le choix d’une carrière dans la police est bien souvent un choix par défaut lorsque nos capacités cognitives ne nous permettent pas de faire éboueur, agent immobilier ou sportif.

Cependant il est impossible d’imputer le phénomène au seul déficit de culture des « rnoush » comme les appellent affectueusement les jeunes. Il s’agit bien là d’une évolution sociétale pour le moins inquiétante. La culture n’est plus seulement trahie et travestie pour l’amusement des puissants, elle est combattue dans ces plus anciennes expressions comme une ritournelle populaire que le peuple n’aurait plus le droit de chanter et de transmettre à travers les générations. La culture populaire est devenu répréhensible et tazable par la seule audace d’exister, sans sponsoring ni subvention. Une gratuité d’agir, et d’être, insoutenables dans un univers où les voix de Vinci, H&M, Ikéa, Monsanto, Mac-Donald et Apple sont impénétrables…

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