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le Cloud fait débat
Categories : Mondokatof, Reflexion | Auteur : Jerome

Les yeux rivés sur nos écrans d’ordinateurs et nos smartphones nous vivons aujourd’hui la tête dans les nuages…
Le « Cloud computing », qui consiste à dématérialiser nos données dans des serveurs distants de stockage nous permet bien des avantages. Pourtant ils sont de plus en plus nombreux à tirer la sonnette d’alarme.
Et si le cloud n’était en fait qu’un épais brouillard ?

 

Le Cloud c’est quoi ?

Le Cloud Computing, plus généralement appelé le Cloud (nuage en anglais) est une réponse logique à notre boulimie multimédia.
Nous consommons de plus en plus de photographies numériques, de vidéos, de musiques, de mails, d’articles, de livres etc… Aujourd’hui tout ces biens sont dématérialisés, nos photos (sauf si vous les imprimez) n’existent que sous forme de fichier numérique (soit une combinaison de 0 et de 1) et non plus sous la forme physique d’un papier imprimé et conservable dans un album pendant des décennies.

La dématérialisation permet de stocker dans nos ordinateurs l’équivalent de plusieurs milliers de données personnelles. C’est un avantage énorme de pouvoir trimballer partout avec nous notre discothèque, notre vidéothèque nos albums photos de famille, nos courriers etc…

Mais quand les disques durs sont pleins et quand on a envie d’avoir à la fois les mêmes données sur notre ordinateur de bureau, sur l’ordinateur portable de notre femme et sur notre smartphone que faire ?
Le Cloud est la solution miracle !
On héberge les documents sur un serveur distant et à ce moment là, tous les appareils multimédia ayant l’autorisation d’accès peuvent ouvrir les documents partagés. Une sorte de téléportation de nos données, le rêve quoi !

 

Le Cloud n’est-il que l’illusion de posséder ?

Dernièrement, Steve Wozniak, co-fondateur d’Apple (société vantant les mérites du Cloud avec ses programmes iCloud et la dématérialisation avec iTunes) s’est publiquement inquiété de l’avenir du Cloud Computing sur des questions de propriété et de sécurité : «Avec le nuage, rien ne vous appartient. Plus on transfère dans le nuage, moins on garde le contrôle !»
Cliquez ici pour lire l’article

En effet que se passe-t-il quand on achète un MP3 en ligne et qu’on le stocke sur le Cloud.
Si l’hébergeur a un problème technique, la musique, que l’on a acheté est perdue à tout jamais ? Qui est responsable ? Une musique peut se racheter mais qu’en est-il des souvenirs de famille, des milliers de photos que l’on pensait rangées en sécurité mais qui seront perdues à tout jamais ?

Certes, avec un CD physique acheté en boutique, on peut aussi le perdre, le casser ou se le faire voler, mais confier tous ses biens culturels et ses données personnelles à une société d’hébergement basée dans un pays étranger a aussi de nombreux inconvénients.
Qui sont les responsables ?
Qui sont les propriétaires ?
Quelles sont les garanties de sécurité ?

 

La dématérialisation des données est-elle un piège ?

Prenons un exemple, quels sont les avantages de créer une musique dématérialisée ?

– Pour l’auditeur : pouvoir la transporter et la lire de partout (ordinateur, téléphone, baladeur), pouvoir la partager (mais légalement c’est interdit), ne plus avoir à faire la poussière sur l’étagère des CD.

– Pour l’industrie musicale : Plus de stocks à gérer, plus de locaux, plus d’invendus, plus de vendeurs (sauf un webmaster), plus de boutique, plus de frais d’impression de la jaquette, plus de frais de fabrication du CD physique.
Car il faut savoir que malgré tous ses avantages et économies le prix d’un titre en téléchargement MP3 se vend autour des 0,99 Euro en moyenne là ou on trouve des albums complets de 15 titres en CD Physique au prix de 7 à 10 Euros quelques mois après leurs sorties.

Ajoutez à cela le fait qu’on perd plus facilement un fichier MP3 (erreur de manipulation, décès du disque dur, virus informatique, etc.) qu’un CD et vous comprendrez bien l’intérêt de l’industrie musicale à vous faire acheter et ré-acheter toute votre discothèque.
MAJ (1/09/2012) même Bruce Willis est contre la musique dématérialisée.

 

Et l’avenir dans tout ça ?

J’adore savoir que ma grande fille fouille dans mon étagère de CD, en prenne un en cachette pour aller l’écouter sur son poste dans sa chambre.
J’adore voir ma petite dernière ouvrir un livre au hasard dans ma bibliothèque et me poser des questions sur ce qu’il raconte ou ce qu’elle voit.
Par contre, je ne les laisse pas toucher à mon ordinateur !

On n’a jamais autant fait de photos que ce que l’on fait aujourd’hui, on a jamais autant écrit, on a jamais autant filmé, pourtant, si une catastrophe planétaire arrivait (non je ne pense pas à 2012) et que la civilisation humaine telle que nous la connaissons venait à disparaitre, quelles traces resteraient-il de notre époque ?

Des disques durs USB 2 remplis de milliers de films en DVIX nécessitant un Codec DVIX dernière génération pour les lire sous Windows Media player en format 16/9 ème ou des films sur pellicule dont on aperçoit les images simplement en la déroulant ?

Des photos témoignant de notre belle époque, uniquement lisibles sur un iMac marchant au 220 Volts, nécessitant un logiciel propriétaire compatible permettant de lire les fichiers JPEG ou les photos de nos grands parents, certes un peu jaunies, mais toujours bien visibles en effeuillant un album de famille ?

Je doute que les civilisations futures auront la même électricité, les mêmes outils et les mêmes systèmes d’exploitation que nous. Alors qu’un disque à Microsillon, avec une simple pointe et en le faisant tourner, on pourra toujours le lire…

 

Et vous que pensez-vous de la dématérialisation et du Cloud Computing ?
Participez au débat en laissant vos commentaires sous l’article.

8 Comments to “le Cloud fait débat”

  1. Clement dit :

    M’oui pour la partie  » Le Cloud n’est-il que l’illusion de posséder ?  » suffit de faire des copies de nos fichiers les plus importants… De toute façon rien n’est éternel. Les bijoux qu’on met dans un coffre à la banque non plus donc cette question ne date pas d’hier ! De même si ta maison brûle tes photos de famille seront réduites en cendre mais pas tes photos hébergées sur dropbox….

    • boutroskatof dit :

      Très bon exemple. Quel pourrait être le plus sûr moyen de stockage? A la reflexion je crois que le meilleur moyen de conserver des données numériques, c’est de les partager.

  2. Jerome dit :

    Il se pourrait bien, que dans 10 ans, un nouveau format remplace le JPEG (comme l’USB a remplacer le SCSI) et que toutes nos photos seront illisibles sur les nouvelles machines.

    Le but c’est aussi l’Obsolescence programmée, de te faire re-changer tout ton matériel informatique à chaque fois au détriments des données personnelles, donc rien n’est fait pour durer…

    Par contre les bijoux (si il n’ont pas été perdus ou volés) pourront être encore utilisables, pas nos photos…

  3. boutroskatof dit :

    Parler de dématérialisation est un peu inexact, en effet les disques dur sont bien réels, les cables, les gaines et les data-centers aussi. Bien que les capacités des mémoires grandissent très vite, le stockage de données et leur accessibilité (transport d’information) nécessite encore beaucoup d’infrastructures, d’usinage et de composants « hardware ».
    Donc une « dématérialisation » toute relative…

  4. Didier dit :

    Excellent thème de débat et une réflexion assez r

  5. Phil dit :

    Réflexion intéressante qui soulève un vrai problème. En tant que consommateurs, nous sommes des marionnettes dont les ficelles sont à la fois tirées par les constructeurs de supports qui courent après les brevets, et les majors et distributeurs qui cherchent à réduire leurs couts pour augmenter leur marge (ou palier à de grosses dépenses en communication et publicité, et non en découverte de talents), en trouvant eux-même des moyens de distributions qui nuisent très fortement à l’industrie du disque. Pour justifier leurs actes, tous dénoncent le fameux téléchargement illégal, et les baisses de bénéfices. A chaque nouveau support, on justifie le prix exorbitant par le cout de R&D, et de la technologie mise en place; fait est qu’au lieu de retrouver un niveau acceptable (un CD qui sort coute entre 16 et 23€, je ne parle pas de ces interprètes montés de toute pièce, qu’on nous impose qui, pour être un peu rentables, sont obligés de commencer à bas prix), les prix sont maintenus parce que tout le monde y trouve son compte. Et l’Etat préfère nous sortir Hadopi pour faire plaisir aux copains, qui (nous) coute des millions, plutôt que d’établir la TVA culturelle à la musique (ça pourrait bouger au niveau du parlement européen prochainement). Et ces soi-disants « puristes » qui refusent d’acheter parce qu’ils préfèrent avoir tout gratuitement en trouvant de faux arguments pour se donner bonne conscience (renseignez-vous, mettez la main à la poche pour donner directement à l’artiste, achetez en choisissant bien *OÙ*! mais évidemment, ça demande un minimum d’effort…). Et les radios, festivals et émissions télévisées musicales qui sont des espaces publicitaires comme les autres, squattés par quelques acteurs qui nous imposent leurs choix et agrandissent les oeillères des consommateurs de musique passifs.
    Bref, à qui la faute? Il y a du monde à faire sauter…

    Belles images de vos filles qui tapent dans vos collections de disques et livres. ;)

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